Réalisations Solidaires

Présentation

Parler de développement c'est penser à l'avenir. Pour cela nous avons intégré une priorité dans notre programme de travail : former les personnes en capacité d'encadrer les groupes de sportifs aveugles chacun dans sa région, dans son club, afin que germent les joueurs, les sportifs de la nouvelle génération.

Former des entraîneurs, mais également des arbitres. Etablir une relation constructive, un partenariat fertile avec les institutions régionales d'aveugles.

Loin de nous appauvrir le partage nous enrichi. Le football, et le cécifoot en particulier, est un langage, un moyen de jouer ensemble, de partager.

Pour des aveugles, un simple ballon sonore transforme la nuit en jeu, le jeu en partage et le partage en force de vie.

Aussi, nous travaillons à organiser les groupes de sportifs pour construire des équipes en mesure de rivaliser avec les meilleurs.

L'espace de jeu offre à l'aveugle sportif de cécifoot un autre univers. Lui si précautionneux, si prudent, lui pour qui tout est susceptible d'être danger, il devient autre. Il entre dans un espace libre, plat, où chaque corps étranger est en mouvement. Chacun est pour l'autre un obstacle en puissance et pourtant par les codes de bonne vie qu'ils ont ensemble, par le respect essentiel qu'ils entretiennent tacitement, les voila comme des poissons vifs, fragiles, en pleine fluidité.

L'espace de jeu est un cadre de métamorphoses. Il devient papillon celui qui, avant, se trouvait engoncé dans sa camisole d'ombres et d'indéfinis. L'immédiateté de cette transformation laisse interdit tous les spectateurs.

Bien sur l'espace est protégé. Bien sur la règle du jeu doit être impérativement respectée pour éviter tout accident. Bien sur la vigilance de l'arbitre est essentielle. Mais sur ce terrain de jeu le rêve et l'utopie deviennent bel et bien réalité.

Le son du ballon donne le signal de cette vibration collective, de cette mise en vie que le silence jusque là condamnait.

Anecdote

Voir un sportif de Cécifoot exercer son art, c'est entrer dans un ballet de l'inconcevable. Nous passons d'un ébahissement à un autre, d'une surprise à une autre sans trop savoir où se situe le concevable et l'incroyable, la force et la fragilité, le handicapé et le surdoué.

Il est aveugle, virevolte. La nuit se fait flamme. Tendu, la tête légèrement inclinée il cherche le son métallique provenant du ballon qui roule. Il a dans sa tête un terrain mental, cherche les respirations, les appels. En face, à droite, à gauche, les bruits s'entrechoquent.

Un seul but, les buts. Derrière les filets l'auxiliaire de jeu le guide de la voix, évalue la distance, l'orientation. L'aveugle est seul face aux adversaires. Comme l'abeille face au calice de la fleur il va, revient, se repositionne. Le ballon d'un pied à l'autre vit et sonne. La gestuelle est délicate mais énergique. Le gardien de but ne voit que la balle blanche. Brusquement le pied frappe. Tout va concourir à déterminer le succès ou l'échec par la vibration collective les cris ou le silence, la déception ou l'enthousiasme.

Le spectateur s'identifie en fermant les yeux, se projette sur un écran noir. L'esprit devient fragile comme du verre. Comment est ce possible ?

Un jour, à la fin d'un match, dans les vestiaires un joueur me glissa dans l'oreille: «Je sais qu'ils me verront un jour comme je suis, comme je veux être. Simplement me dépasser. C'est en fait mon seul objectif. Aller au bout de moi-même.» Et il rajouta en souriant: «Derrière un ballon qui sonne et m'appelle.»

Copyright © 2006 - Céciacts ® - Tous droits réservés

Réalisations

PARTENAIRES